60 chansons en 60 ans

Aussi longtemps que je m'en souvienne, j'ai chanté. Mais  ce ne sont pas les chansons de l'école ou de l'église qui m'ont le plus marqué, mais celles du mouvement cadet (Mouvement UCJG- Union chrétienne de jeunes gens) auquel mes parents m'avaient inscrit. Je devais avoir 9 ans et nous nous réunissions le samedi dans une cave du collège de Montchoisi à Lausanne. Chaque réunion débutait avec une prière et des chants, rassemblés dans un petit livre intitulé La Flambée. Je crois vraiment pouvoir dire que ce chansonnier m'a révélé le monde de la chanson.

J'avais un ami et voisin, Christian, que ses parents avaient aussi placé aux cadets en même temps que moi. Nous avions tous deux reçu cette Flambée, et nous nous invitions l'un chez l'autre pour chanter. Nous nous sommes même enregistrés sur un Revox. Plus précisément, nous chantions Le Galérien. La chanson, sur un air assez solennel, se présente comme la confession d'un galérien qui regrette de ne pas avoir écouté les conseils de sa mère. Ce qui fait que, à la suite de son père, il est à son tour devenu galérien. C'est une chanson populaire française du XXe siècle, écrite en 1942 d'après une ancienne chanson de bagnards russe. J'avais saisi la force d'évocation d'une chanson au travers de la simple voix. La voix de Christian s'est éteinte à 12 ans dans un accident de vélo.

Puis j'avais assisté à un concert des Petits Chanteurs à la Croix de Bois et avais demandé à mes parents de rejoindre la Maîtrise du Faisceau cadet vaudois, un petit chœur de garçon, qui m'a complètement comblé jusqu'à la mue de ma voix, tant au niveau de la musique que de la camaraderie, mais aussi donné le goût de la scène, ce lieu qui transforme la vie réelle en rêve. J'étais soliste et j'aimais charmer l'auditoire. Le chant, au travers de la chanson, ne me quittera plus jamais.

Qui dit chanson dit guitare. Surtout dans les années septante, avec Maxime le Forerstier, Dick Annegarn et Cat Stevens et bien d'autres en exemple. Mes amis s'y mettent aussi et il faudra attendre la fin de mes études et mon retour de Zurich pour fonder le groupe Basilic, qui multipliera les concerts jusqu'en 1984. A la dissolution du groupe, je choisis de repartir en solo sous le nom de Philippe Aubois jusqu'en 1986, accompagné du trio de jazz Zio. Le  point culminant de cette période se déroulera au Printemps de Bourges, où se discute un éventuel contrat de premier disque. J'hésite et choisis la sécurité de mon métier qui me plaît. Là s'arrête un première partie de la vie du chanteur.

Quelques enfants et promotions/affres professionnelles plus loin, c'est en 2006 que mon ami Jacques me demande de reprendre ma plume et ma guitare et le groupe Simple Com est créé. Depuis, une répétition hebdomadaire et quelques concerts par année nous animent simplement. Simple comme...

Pour mes 60 ans, je voulais rassembler mes textes et musique, et je me suis dit que je pouvais aussi partager cela avec mes amis, sans vraiment savoir à quoi cela pouvait bien servir. Mais je n'allais pas freiner une si soudaine envie,surtout à l'ère numérique. Voici donc 60 chansons en texte et musique. Certains enregistrements sont de mauvaise qualité, mais là encore, je vous les propose comme tout le reste me concernant, avec spontanéité et simplicité. Et vivement 60 chansons de plus à écrire.

2017 - Philippe Vollichard

Un mur, un ruisseau, un jardin et des fleurs - Maîtrise du Faisceau cadet vaudois, soliste Philippe Vollichard
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